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La gestion du RSA en partie confiée au privé

10 mars 2011

Nous apprenons dans un article paru dans le Parisien aujourd’hui jeudi 10 mars que « Quelques 2000 allocataires du RSA (revenu de solidarité active) seront prochainement pris en main par l’entreprise Claf, un organisme de formation privé chargé de les « remobiliser » par des stages artistiques, théâtraux… Ce marché, qui porte sur 381000 €, a été attribué mi-février lors d’une commission d’appel d’offres du conseil général.  »

Nous regrettons à EELV que ce marché ait été confié à une entreprise de formation privée. Autant les organismes de formation privés remplissent tout à fait leur rôle lorsqu’ils traitent avec des entreprises et des salariés pleinement insérés dans la vie sociale et économique, autant elles ne sont pas efficaces lorsqu’il s’agit de s’occuper de personnes en difficulté. En effet les personnes qui touchent le RSA ont généralement d’autres soucis à régler: santé, logement, solitude; qui sont souvent les raisons pour lesquelles elles sont amenés à toucher le RSA.

Ce sont ces autres soucis de la vie quotidienne qu’il faut régler si l’on veut que la personne se réinsère durablement dans la vie sociale. Les entreprises de formation vont traiter uniquement le volant professionnel.  Elles vont même trouver une solution d’insertion à certaines personnes. Mais si les problèmes de fond (santé, logement) ne sont pas réglés la personne ne restera pas dans le dispositif qui lui a été trouvé et se retrouvera quelques mois après dans la même situation.

Seul les association d’insertion peuvent à notre sens travailler sur tous les aspects de la vie des personnes touchant le RSA et s’assurer que les propositions d’insertion seront positives à long terme.
L’article dans son intégralité:

Quelque 2000 allocataires du RSA (revenu de solidarité active) seront prochainement pris en main par l’entreprise Claf, un organisme de formation privé chargé de les « remobiliser » par des stages artistiques, théâtraux… Ce marché, qui porte sur 381000 €, a été attribué mi-février lors d’une commission d’appel d’offres du conseil général. Et la décision fait bondir la gauche départementale. Plusieurs élus ont saisi l’occasion de la dernière séance du conseil général, lundi, pour s’en offusquer.

Entreprise cotée en Bourse

Il faut dire que l’expérience Ingéus est encore dans toutes les mémoires : mandatée en 2006, sous la présidence Sarkozy, pour prendre en charge le suivi des érémistes de plus de deux ans, soit 6500 personnes, la société a été remerciée l’an dernier. Motifs : « non-atteinte de l’objectif d’accompagnement » et résultats « très insuffisants » en matière de maintien des bénéficiaires dans un emploi durable. « A peine 500 personnes avaient été recasées, se souvient Guy Janvier, conseiller général (PS) de Vanves. Et cela avait coûté 18 M€ sur quatre ans. Aujourd’hui, on ne peut pas accepter que le conseil général choisisse une boîte privée cotée en Bourse, dont l’objectif principal est de faire de l’argent, pour accompagner des bénéficiaires du RSA. Il y a des associations spécialisées dans l’insertion qui savent faire ça. »

« Ce choix de faire à nouveau appel au privé pour des prestations habituellement assurées par les associations est catastrophique », appuie Nadine Garcia, élue (PC) de Nanterre. En fait, le Claf n’a raflé qu’environ 40% de ce marché de « remobilisation » des bénéficiaires du RSA. « Le reste du marché, qui porte en totalité sur un million d’euros, a justement été attribué à des associations, rétorque-t-on au conseil général. Et pour certains lots, le Claf était seul candidat… » Le département se défend par ailleurs d’avoir privilégié une prestation à moindre coût plutôt que la qualité : « Les services ont tout de même réalisé une analyse de 150 pages! Les critères de sélection étaient basés à 30% sur le prix et à 70% sur la valeur technique. » Elus et allocataires du RSA devront donc juger sur pièce…

L’entreprise Claf veut « faire ses preuves » dans le 92

Au-delà du principe — confier l’insertion sociale à une entreprise privée —, les élus de gauche au département s’émeuvent de défaillances au sein de l’entreprise Claf, choisie pour accompagner prochainement 2000 bénéficiaires du RSA dans les Hauts-de-Seine. « On a fait un vrai travail d’investigation, appuie Nadine Garcia (PC).

La direction régionale Poitou-Charentes de Pôle emploi vient de suspendre ses engagements avec cette société, en attendant que cette dernière fournisse la preuve de sa capacité à répondre normalement à toutes les exigences des cahiers des charges. » Confirmation du côté de Pôle emploi Poitou-Charentes : « Pour certains stages, les conditions d’accueil et le niveau de formation n’étaient pas conformes à nos attentes, explique-t-on à la direction régionale. Nous avons suspendu des lots pour lesquels Claf avait été retenu, certains définitivement, d’autres en attendant que le Claf réponde au cahier des charges. »

Implantée en Ile-de-France depuis huit ans

Ces dysfonctionnements, survenus en décembre, ont touché « un nombre de formations très limité », précise aussi Pôle emploi. Claf, né à Toulouse voilà une vingtaine d’années, s’est implanté depuis huit ans en Ile-de-France. L’entreprise ne peut en tout cas être taxée de ne travailler qu’avec des collectivités de droite, bien au contraire. « Nous travaillons pour la Ville de Paris, la Seine-Saint-Denis et aussi la région pour la formation professionnelle de demandeurs d’emploi de faible niveau de qualification, explique Jean Ders, directeur du développement. Les lots obtenus au conseil général des Hauts-de-Seine vont permettre au groupe de faire ses preuves. » Mais le responsable relativise les récents couacs en Charente-Maritime.

« Des dysfonctionnements, il y en a toujours et ça se régule au jour le jour », poursuit Jean Ders, qui met « ces petits soucis bien embêtants » sur le compte d’une concurrence locale avec Pôle emploi : « Sur cet appel d’offres, c’était notre concurrent. Alors, ça a été un peu tendu… »

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3 commentaires leave one →
  1. claf permalink
    14 mars 2011 12 h 46 min

    article très intéressant sur le CLAF SA qui oeuvre dans la réinsertion de demandeurs d’emploi.
    voici un autre article sur le résultat comptable 2010 de cette société privée.

    http://www.daily-bourse.fr/bourse-GROUPE-CLAF-cotation-FR0010834325.php

    on y apprend que la société réalise un résultat de 2,4 millions d’euros sur le dos de la collectivité et de ses salariés dont la plupart sont en situation de précarité (recours abusif au CDD …). le cours de bourse a été multiplié par 10 en 1 an …

    que faut il en penser ??? la politique sociale au profit d’un petit nombre d’actionnaires ? ils vont finir par réussir à gagner des fortunes sur la misère de publics en difficulté sociale.

  2. Sarah permalink
    19 mars 2011 8 h 50 min

    Bonjour,
    Enfin un article qui dénonce que pour certains prestataires privés le suivi des demandeurs d’emploi est un business juteux.
    Les salariés de cette entreprise sont souvent en situation de précarité,
    « recours abusif au CDD », mieux que cela, recours aux CDD d’usage, contrats habituellement proposés dans les secteurs de la Production Cinématographique, Audiovisuelle, et du Spectacle vivant. La particularité essentielle du CDDU est de pouvoir se renouveler indéfiniment sans se transformer en CDI, la précarité dans toute sa beauté.
    Et ce n’est pas tout, rémunération des conseillers jusqu’à maintenant :
    1639,99€ brut soit 1276,97€ net (voir les offres sur le site : http://www.claf.fr/v3/index.php?option=com_phocadownload&view=category&id=33&Itemid=232)
    alors que d’autres prestataires proposent des salaires supérieurs pour des prestations identiques, le but est donc bien de faire un maximum de bénéfices.
    De plus, ce salaire est calculé de sorte qu’il ne dépasse pas le plafond permettant la réduction dite Fillon, soit 254,20€ d’abattement par mois.

    • DUPONT permalink
      25 mars 2011 10 h 34 min

      Merci Sarah, effectivement salariés en précarité qui doivent eux même conseiller et suivre des demandeurs d’emploi. Sachant que ces conseiller en insertion professionnelleseront demain dans la même situation, tout simplement c’est honteux merci le CLAF!!

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